"Comment passer des pratiques sociales des activités physiques aux contenus d’enseignement en éducation physique ?"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce  passage articule : pratique sociale, définition générale-structuration des contenus, pratiques scolaires selon des relations définies comme transposition didactique, pratiques de référence-décontextualisation-recontextualisation.

 

En effet, pour que l'engagement de l'élève soit effectif une série de contradictions doit être résolue :

 

*   L'élève doit être confronté à des savoirs contextualisés ayant une signification pour lui, mais ces derniers doivent aussi être fondamentalement significatifs de l'APS pratiquée.

 

*   Ces savoirs mis en perspective doivent être en décalage optimal avec les cadres cognitifs et comportementaux dont l'élève dispose déjà mais aussi lui permettre une rupture avec sa motricité usuelle, celle qu'il s'est forgée dans les actions de la vie quotidienne. Exigences lourdes et évidemment  non encore résolues mais quelques pistes prometteuses ont été investiguées autour des notions de situations de référence, d'obstacle et de problèmes à résoudre.

 

*   D'une reconsidération de l'activité d'apprentissage des élèves. L'élève apprend par adaptation c'est à dire en se confrontant au milieu agencé par l'enseignant avec ses ressources du moment. La progressivité des apprentissages doit être conçue en prenant en compte le processus de continuité/rupture inhérent aux restructurations des savoirs initiaux.

 

*   D'un réexamen des situations d'enseignement qui visent l'engagement de l'élève dans une activité de résolution de problèmes. Ces problèmes sont fonction des connaissances que l'on veut faire acquérir ; la difficulté essentielle nous a semblé se concentrer sur le maintien du sens de la connaissances pour éviter de n'enseigner que des mécanismes peu flexibles et réinvestissables.

 

 Lorsqu'un enseignant programme un cycle de gymnastique, c'est de gymnastique sportive dont il est question dans la plupart des cas.

 

A la question : "qu'est-ce que la gymnastique sportive ?"

 

L'enseignant répond en donnant les caractéristiques d'une pratique de club, pratique de perfectionnement où l'apprentissage des savoir-faire prend une valeur symbolique.

 

 Contradictions essentielles, règles constitutives, esprit du jeu, règlement du jeu.

 

Les pratiques sportives sont organisées selon des règles qui définissent les rapports interindividuels, les rapports individus au matériel et déterminent le cadre au sein duquel l'affrontement compétitif se déroule. L'ensemble de ces règles est appelé règlement de jeu et règlement sportif (R.Mérand in compte rendu des stages M.Baquet). Les premiers s'appliquent au jeu lui-même, le second au système compétitif (type de championnat ou de coupe, nombre de points pour une victoire ou une défaite, classement etc. …). Nous nous intéresserons plus particulièrement au règlement de jeu.

 

Le règlement du jeu n'est pas à prendre en soi comme la définition absolue de l'activité sportive, il est à rapporter à la pratique sociale qu'il régente. Il est donc inscrit dans une dynamique sociale et une volonté sportive.

 

Le règlement de jeu induit des comportements, modèle les joueurs, suscite des capacités spécifiques. Pour il est toujours une arme dans la mesure où toute modification entraîne chez les élèves des changements de représentations et de comportements.

 

Le règlement de jeu organise la (les) contradiction(s) essentielle(s) en opérant des choix stratégiques qui privilégient tel ou tel aspect de cette contradiction.

 

 Problème fondamental et enjeu de formation

  

L'intérêt de telles réflexions est théorique et pratique. Devant l'évolution accélérée des techniques sportives et des connaissances qui s'y rapportent, nous nous interrogeons sur ce qu'il faut apprendre aux élèves dans le cadre d'une formation fondamentale obligatoire limitée dans le temps. Plus que jamais nous devons choisir entre l'essentiel et l'accessoire et articuler le particulier et le général.

 

Maintenant, lorsqu'en gymnastique nous insistons à outrance sur la tenue des jambes dans des actions complexes où le corps se renverse jusqu'au contrôle des pointes de pieds, sommes nous dans l'accessoire ou l'essentiel ?

 

 - S'agit il de savoir si l'élève doit faire des enchaînements ou des exercices isolés ?

 - S'agit il de prendre des risques ou de maîtriser des actions entreprises ?

 

Goirand dit : "la prise de risque ne permet pas l'équilibre anticipateur nécessaire à l'enchaînement ; la maîtrise spatio-temporelle d'une action le permet".